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Dans le rétro !

On croit que Chorus a commencé hier, allez avant-hier, nous sommes si jeunes, vous êtes si jeunes... Et puis on jette un coup d'œil dans le rétro et puis...

… et puis on s'aperçoit que beaucoup de spectateurs de maintenant n'étaient peut-être même pas nés quand en 1984 tout commençait avec le premier Tremplin de la chanson... Qu'ils n'étaient pas bien grands, dix ans plus tard, sur le premier Starting Rock, où s'est inventée, électrique éclectique épileptique parfois, une nouvelle chanson. Champion des métissages féconds et des fusions naturelles, Chorus croise en 2010 les deux lignées pour un nouveau Prix Chorus, encore plus fort.
… et puis ces mêmes, là – ce sont leurs parents qui leur racontent dans la file d'attente avant que les portes s'ouvrent... – étaient de toute façon trop jeunes pour entendre en 1988, premier millésime Chorus, l'ombre noire le visage blanc de Barbara se glisser derrière le piano pour murmurer que sa plus belle histoire d'amour, c'est nous. Une idylle qu'on vivait alors dans dix-sept lieux de rendez-vous galants. Désormais, Chorus, c'est un village à La Défense et une quarantaine de lieux partenaires. Mieux, question générations : les fidèles des premières saisons envoient maintenant leurs propres rejetons au Chorus des enfants, un programme spécial jeune public – et haut de gamme parce que les gamins, dans le genre, c'est plutôt exigeant !

Alors on ouvre le dictionnaire, lettre "C" (Chorus : n. m. Ensemble des mesures qui forment le thème musical...) Et soudain on les entend, ils sont là, ils chantent pour nous depuis plus de vingt ans (Chorus : n. m. Reprise en chœur, clameur d'ensemble...).

Il y a ceux qui sont nés ici, poussés en graine sous les spotlight, ceux qui y ont grandi, grandi, bien élevés au grain de folie et qui finirent par inventer ce qu'on a appelé la nouvelle scène française : Bénabar, Camille, Jeanne Cherhal, Vincent Delerm, Juliette, Emily Loizeau, Louise Attaque, Moriarty, Olivia Ruiz...

Ceux qui sont venus de loin (Louisiane, Brésil, Cap-Vert, Mozambique...) nous apporter les épices du Sud et les senteurs du large, voiles grandes ouvertes sur d'autres horizons...

Ceux qui viennent et reviennent, tout en haut de l'affiche, nous faire l'honneur, nous faire la fête : Johnny dès le premier Chorus de 88 (il y avait Aznavour aussi, et Jonasz) puis en 96 ; Eddy trois fois entre 91 et 94 ; Higelin le père, une fois par décennie et son Arthur H de fils, un fidèle au XXIe siècle ; et Cabrel et encore Chamfort, Charlélie, Daho, Dominique A, Sanseverino, Sheller, Souchon...  
 

Et puis, comme rien n'est jamais tout rose, il y a aussi les chers disparus. Ferré le vieux lion qui gueulait sa rage et son amour en 89 ; Trenet en 90 et 91, les yeux écarquillés sur sa drôle de folie surréaliste, Bécaud venu de Courbevoie en voisin et en 91, et Nougaro, Reggiani... Jusqu'à Bashung il y a deux saisons, trinquant à la santé d'une salle qui avait la gorge serrée après un concert inoubliable...

Tenez, on va être d'accord (Faire Chorus : loc. Être ensemble du même avis). Le festival a maintenant son Village en plein parvis de La Défense. On n'y fait plus de la chanson française, ni de la variété, ni de la world, ni du rock, mais un peu, beaucoup, passionnément de tout ça à la fois... Chacun peut venir gratuitement ou pour presque rien découvrir un jeune talent ou approcher une star. Alors...  les Seinofollies ? Le Printemps de l'Arche ? Le Festival du bout-de-Seine ? Mieux que ça : Chorus !

Bienvenue à tous !